Association des Juristes Maliennes AJM

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…  Pour être membre de cette association, il faut être une femme juriste, c’est-à-dire avocate, juge, notaire… L’AJM est donc une association corporatiste, qui appartient à l’Organisation Mondiale des Femmes Juristes. Cette association s’est récemment rapprochée d’une organisation similaire, l’ODEF (Observatoire des Droits de l’Enfant et de la Femme), qui accepte quant à elle des femmes venant de tout horizon socioprofessionnel. Sa présidente, Maître Maïga, nous a invitées à suivre une conférence sur un accord international que le Mali vient de signer : le protocole additionnel à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux Droits des Femmes … //

  • Adresse: AJM, BP: E 1094, Bamako, MALI;
  • Contact: Tél: (223) 221 01 46, Cell.: (223) 673 89 89

… L’AJM a un triple objectif:

  • Aider les femmes dans leurs démarches juridiques et administratives
  • Vulgariser les textes de loi auprès des femmes pour leur faire connaître leurs droits
  • Organiser la relecture des textes discriminatoires en regard des textes internationaux, pour faire évoluer le droit malien en direction d’une plus grande égalité hommes/femmes.  

Apporter un soutien juridique aux femmes:

  • L’AJM aide les femmes maliennes, quelle que soit leur catégorie sociale, lorsque celles-ci ont affaire à la justice, notamment en cas de conflits avec leur époux, ou dans le cas des héritages.
  • Maître Maiga nous explique qu’il n’existe aucune loi précise concernant les droits de succession au Mali.On applique la règle du groupe auquel l’individu appartient. Pour les musulmans, la loi coranique s’applique : une femme hérite de la moitié de ce dont hérite un homme. Les rares chrétiennes sont mieux loties et ont souvent une part égale à celle d’un homme. Les femmes animistes ne touchent absolument rien, quand elles ne sont pas considérées comme partie intégrante de l’héritage et mariées au frère ou au fils de leur mari (phénomène du lévirat).
  • La présidente nous parle ainsi de sa lutte contre le lévirat, même si celui-ci a presque disparu au Mali : dans la tradition tribale, quand une femme perd son mari, elle est automatiquement mariée au frère de celui-ci. En plus de son caractère rétrograde, cette pratique est dangereuse pour la santé du futur époux car, comme nous l’explique Maître Maïga, « si un homme est mort de sida, il a sans doute infecté sa femme, qui contaminera à son tour son nouveau mari et par ce biais, toutes ses femmes. »

Faire entrer les nouvelles lois dans les mœurs:

  • Le Mali a fait d’énormes progrès depuis la démocratisation de 1992 en ce qui concerne les droits de la femme, grâce notamment aux nombreux textes internationaux qu’il a signés. Malheureusement, les femmes bénéficient rarement de ces progrès par méconnaissance des textes.
  • L’exemple le plus parlant est celui de la répudiation : celle-ci est interdite au Mali. Cependant, de nombreux couples, notamment en « brousse », ne se sont pas mariés à la mairie et n’ont fait qu’un mariage religieux. Ils ne sont donc pas mariés officiellement, même si ce mariage est reconnu au sein de leur communauté. Si l’homme décide de répudier sa femme, celle-ci n’a aucun recours, car il n’y a pas de contrat de mariage.
  • La conférence à laquelle nous avons assisté en juillet 2005 avait pour but de vulgariser un texte nouveau, le protocole additionnel à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux Droits de la Femme, auprès des membres de l’association, pour que celles-ci le transmettent à leur tour le plus largement possible.

Modifier les textes existants:

  • L’arme principale de l’AJM pour faire évoluer le droit malien repose sur les traités internationaux signés par le pays. Pour que ces derniers s’appliquent réellement, il faut en effet modifier l’arsenal juridique. Là encore, on peut illustrer l’action de l’AJM par plusieurs exemples. Les relations familiales sont régies par le code du mariage et de la tutelle. Ce texte, qui date de 1962, est très discriminatoire ; la femme y doit par exemple « obéissance à son mari ». Or, de nombreuses dispositions de ce texte entrent en contradiction avec les textes plus récents signés par le gouvernement. Ce texte a donc été réformé cette année par un comité, auquel l’AJM participait.
  • Enfin, si l’excision est désormais interdite par le protocole additionnel, il va falloir faire passer, dans les années à venir, cette interdiction dans les lois maliennes … (long texte entier et images).

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